mardi 7 octobre 2008

L'enfant et la prison

Je pensais ce jour écrire sur les enfants du RAC.
A mon arrivée à l'intérieur de la prison, un enfant crie kuya Dominique. Je n'y prête pas attention car ces appels sont fréquents lorsque j'arrive dans la prison.
A ma sortie de mon meeting avec la directrice, je vais dans la détention et je vois dans une cellule à l'entree de la prison deux enfants de douze et treize ans dont l'un avec de nombreux bleus.

Actuellement quand la police arrete de petits voleurs de moins de quinze ans, la loi ne permet plus de les incarcerer. Elle laisse donc parfois les plaignants et leurs amis corriger l'enfant pour lui donner une leçon !
Les enfants sont placés dans une cellule separée. Cependant actuellement si l'enfant est delinquant, isolé, l'enfant n'a pas de lieu pour le proteger immédiatement de la vindicte populaire et d'autres facteurs. Seule la prison !!! y répond aujourd'hui.
Pour éviter ce problème et avoir un lieu hors de la detention pour les accueillir, les protéger et les resocialiser,la fondation travaille sur un projet d'une maison d'accueil temporaire de huit places pour les enfants de moins de quinze ans qui continuent à commettre des actes delictueux.Deux jeunes de l'ecole des Mines de Douai ont fait les plans de cette maison avec l'aide d'un architecte. C'est le début d'une nouvelle aventure que je developperai prochainement.

L'art et la maniere

Mardi soir 17 heures....ouverture d'une exposition sur la œuvres artistiques des enfants de la fondation organisée par des volontaires qui encadrent les enfants. La vision de ces peintures, sculptures, dessins nous font comprendre rapidement que nos enfants ont du talent.

L'art est pour ces enfants un moyen de s'exprimer et de croire en leur avenir. Ces enfants ont pour la plupart d'importants problèmes de reconnaissance d'eux mêmes. Ils ne croient pas en eux-mêmes. N'est-il pas important pour eux de voir leurs œuvres exposées et admirées ?
Les sortir de leur intérieur pour les propulser sur l'extérieur, sur leur expression personnelle., telle est l'une des missions du programme SIBUHI(programme art et de créativité )
Lors de cette exposition plusieurs enfants m'ont montré fièrement leurs dessins et leurs peintures. Des sourires illuminaient leurs visages.

dimanche 5 octobre 2008

Les mangas à Manille

Les mangas ? Vous connaissez ? Eh bien figurez vous que je les ai rencontrés en vrai ce dimanche.

emmanuelle en temna
Entraînée par Emmanuelle, ma fille, fan de Manga, toute la famille s'est retrouvée dans un grand mall de Manille.

Je savais qu' Emmanuelle était fan. Je lui avais acheté en France des livres de manga, en fait des bandes dessinées japonaises . La semaine dernière en visite dans une grande librairie de Makati, elle s'est précipitée dans le rayon "mangas". (Ces bandes dessinées se lisent souvent dans le sens inverse des bandes dessinées occidentales).

Je fus immergé pendant 5 heures dans un monde inconnu, le monde des mangas ou la réalité dépasse la fiction.
Ma fille avec quelques amies nageait comme un poisson dans l'eau au milieu de centaines de jeunes qui s'étaient pour quelques heures mis dans la peau de leurs héros favoris. Chacun essayait d'être une copie conforme de son héros y compris par la couleur des cheveux et des yeux. Chacun sait que les philippins ont les yeux bleus et les cheveux jaunes ! Emmanuelle s'était transformée en Tenma
J'ai essayé d'apprendre les noms des différents personnages de ces bandes dessinées, important pour la définitions des rôles de chacun. Les noms sont assez compliqués à retenir mais dans les histoires il y a les bons et les méchants... car j'ai vu des bons mais aussi des méchants et des méchantes.
Certains costumes valaient une fortune... et d'autres étaient confectionnés avec des sacs poubelle !
L'après-midi s'est achevée par un concours de la plus belle ou du plus beau manga avec comme prix des bandes dessinées de manga.

Vers 16h, nous avons quitté le monde des mangas pour retrouver Manille et sa circulation. A son retour à la maison Emmanuelle a continué à vivre Manga avec ses jeux vidéo.
Ah ! Manga, quand tu nous tiens !






















jeudi 2 octobre 2008

le coeur et la raison2

Depuis ces dernières années, je rencontre de nombreux professionnels de l'humanitaire. Aujourd'hui, des universités, écoles spécialisées forment aux métiers de l'humanitaire.

Travailler dans l'humanitaire devient une profession. De grosses agences existent dirigées par des professionnels. Les programmes existent que par d'importants financements souvent publics avec la question de la pérennité.

Il n'est toujours pas facile d'équilibrer cette notion de cœur et de raison.
Pour ma part, j'ai toujours eu tendance à mettre en place de nouveaux programmes à partir de rencontres dans les rues, le RAC, les bars etc... Quelques exemples :
Rencontre de John-john au RAC. Il y était frappé par les autres enfants. Il ne se défendait pas car il est autiste. Ce jour là j'ai compris qu'il fallait prendre en charge ces enfants handicapés mentaux qui sont les plus pauvres des plus pauvres. Aujourd'hui 3 maisons accueillent ces enfants.
Un jour, j'ai rencontré un soir lors d'une tournée dans les rues une mere avec son bébé. Elle le nourrissait au solvant. Je repassais quelques jours plus tard...son bebe était mort. Nous avons cree une maison pour les meres et leurs bebes pour tenter d' eviter ces drames.

Toutes les maisons de la fondation ont débuté sur ces rencontres et sur le fait qu'il fallait avoir une reponse concrete et immediate. Il y allait de la vie des enfants.
Pourrait-on encore travailler de cette façon aujourd'hui ?

A suivre

Parlons humanitaire

Depuis plus de 30 ans...33 ans exactement que je travaille dans ce que l'on appelle l'humanitaire.

Qu'est ce que l'humanitaire...c'est une forme de solidarité ou de charité pour aider, prendre en charge les populations les plus pauvres partout dans le monde.

Nous pourrions reprendre chaque terme...solidarité, charité. Chacun a une valeur intrinsèque, intéressante à élaborer, à définir.

quelques petites réflexions personnelles sur l'humanitaire

Au sein de la fondation, en tant qu' étranger, j'ai essayé de comprendre les coutumes, les traditions, la culture profonde du philippin dans sa diversité. Il n'est pas toujours facile de savoir pourquoi ce qui marche chez nous ne marche pas ici. Il faut parfois oublier ses certitudes, son savoir. Il faut écouter, consulter et faire preuve d'humilité. Nos partenaires ou salaries sont souvent confrontés ou ont été confrontés eux mêmes à la pauvreté, aux problèmes de santé. Ils en connaissent les conséquences sur leur propre vie et pour leurs familles.

J'ai appris au fil du temps, face à certaines situations, que la solution apportée par mon équipe est bien meilleure que ma solution. J'ai tendance à vouloir régler le problème rapidement, souvent en donnant de l'argent. S'il n'y a pas vraiment urgence, l'équipe va tenter de trouver d'autres possibilités en responsabilisant la famille ou la personne même jusqu'à dire parfois "laissons les un peu avoir faim ainsi ils se responsabiliseront." C'est encore difficile pour moi de comprendre cette réflexion, mais l'argent que nous avons n'est pas extensible. Il faut que chacun se responsabilise. Aide toi et le ciel t'aidera.
Il faut surtout que chacun respecte l'autre dans sa culture. Je pense que l'une des forces de la fondation Virlanie est de pouvoir faire cohabiter deux cultures meme si parfois je ne comprends pas leur façon d'appréhender les situations ou que parfois ils ne me comprennent pas. Nous nous respectons et c'est l'une des richesses de la fondation.
A suivre....

mercredi 1 octobre 2008

Il pleut...il pleut

Depuis juin, début officiel de la periode de la mousson aux Philippines, il pleut très souvent. Aujourd'hui un nouveau typhon est arrivé. C'est un véritable défilé, avec, pour chaque typhon, un nom spécifique. Des trombes d'eau s'abattent sur Manille, transformant les rues en immenses piscines où les enfants se font un plaisir de "nager" ! Cette eau boueuse qui est leur aire de jeux, ils la partagent non pas avec les canards mais avec les rats !

Ces épisodes me remèmorent ma première visite à Payatas, près de la montagne d'ordures, au lendemain d'une catastrophe qui avait fait 400 morts. Nous regardions patauger les enfants dans un petit étang issu de l'eau filtrée par les ordures ! À ma question " Y'a-t-il des enfants malades à la suite de baignades dans ce petit étang ? ", l'une des mères me repondit : "bien évidemment ! ". L'une de nos premières actions sur cette montagne fut alors de combler ce petit étang.



Jour férié

Notre présidente des Philippines Gloria Arroyo ne manque jamais d'idées pour remonter sa côte de popularité auprès des philippins. Ce jour est donc jour férié pour fêter la fin du Ramadan.
La population musulmane est d'au maximum de 10% de la population dont la majorité est catholique. Au sein du personnel de la fondation nous avons deux musulmanes, qui sont parfaitement intégrées au sein de l'équipe et auprès des enfants.
Dans le Sud, dans l'ile de Mindanao, où vit la majorité des musulmans depuis des décennies, une guerre existe entre l'armée philippine et des factions musulmanes. Cette guerre est devenue plus violente récemment. Des villages entiers ont été détruits, déplaçant des milliers de réfugiés. Cette guerre, dont les plus pauvres sont les premiers affectés, est très peu médiatisée.

À Manille, la communauté musulmane fait du commerce, entre autres de la vente de copies de DVD. Je les rencontre régulièrement lors de mes sorties hebdomadaires avec ma famille.